Après l’incendie de leur maison de Clamecy, ils vivent sous tente depuis la mi-juillet

Le 16 juillet, vers 02h30/3, un incendie se déclare dans une maison au 3, de la route de Beaugy. La catastrophe, peut-être causée par un court-circuit dans la prise de la salle de bain, a détruit tout le premier étage de l’immeuble, y compris la chambre principale.

L’intervention des pompiers a réussi à maîtriser l’incendie, mais la maison est désormais totalement inhabitable, l’eau a « noyé » le rez-de-chaussée. « On y est presque. C’est notre chien de 14 ans qui nous a réveillés », explique le locataire.

Ils ont tout perdu

Locataires depuis le 13 juillet 2021, Steeve et Sarah Judith avouent avoir tout perdu : effets personnels, vêtements, chaussures, literie, lave-linge, sèche-linge, papiers divers. Pire, depuis l’incendie, ils sont contraints de vivre dans des tentes érigées à la hâte dans les jardins de la propriété car rien, disent-ils, ne peut leur offrir une solution de logement viable.

« Ça fait vingt jours », soupire Sarah Judith, qui dit n’avoir reçu aucune aide de la municipalité de Clamecy. « Aujourd’hui, je ne compte plus du tout sur eux. » Tout l’étage a été englouti par les flammes. Cette partie de la maison devient très dangereuse avec le risque d’effondrement du sol.

« Nous avons été étonnés de lire que le maire se mobilisait pour nous », raconte son mari. « Le maire est venu le soir de l’incendie car il y avait obligation de venir sur les lieux. Il m’a demandé si j’avais un autre logement pour la nuit. J’ai dit oui parce que nous devions être divertis par un ami. Le lendemain, il devait me rappeler et je devais le faire. », explique Sarah Judith. Le couple pourrait bénéficier de bains illimités au camping de la ville. Il a également souligné avoir écouté attentivement à la mairie de Varzy.

Nous ne faisons pas la charité, nous recevons régulièrement un salaire, et avons les moyens de payer un loyer tout de suite, mais nous ne trouvons rien.

Depuis, voisins et amis, dont le propriétaire et exploitant du restaurant Le Festin de Babette, se sont relayés pour les aider du mieux qu’ils pouvaient : lessive, alimentation, branchements électriques, dons de vêtements, appels à la solidarité sur Facebook.

Leur assurance fera les démarches nécessaires pour tenter de les déplacer à Clamecy mais il n’y aura pas de chambres dans les hôtels du coin. « Nous ne faisons pas de charité, nous recevons régulièrement des salaires et avons les moyens de payer un loyer immédiatement, mais nous ne trouvons rien. Nous avons été dans des dizaines de messages et d’appels téléphoniques passés à des particuliers ou à des agents immobiliers alors que nous étions de très bons payeurs. Notre propriétaire peut le confirmer. Quand on voit le nombre de maisons inhabitées et abandonnées à Clamecy, c’est inadmissible ! « .

La problématique des chiens se pose

Les chiens peuvent décourager certains donneurs. Le couple avait sept ainsi que quatre chats, mais il a expliqué qu’ils étaient tous très propres et ne faisaient pas d’histoires, ce qui a été confirmé par des amis et des voisins présents ce jour-là.

Leur quotidien est devenu intenable. Avec un tuyau d’eau froide, le couple se lavait tous les jours. « On l’a fait », a souligné ce dernier, « mais la logistique n’est pas facile ». « Et puis nous avons bien dormi », a déclaré Sarah.

Selon le locataire, le propriétaire ne prendra pas bien soin de la maison. Ou du moins pas assez. Il s’accumulera en fonction de ces défauts. Deux points que le bailleur dément formellement. Qualifiée de filtre énergétique, la maison sera difficile à chauffer. « Cet hiver, nous avons payé 3 200 € de carburant. Mais on s’est dit que c’était parce qu’on avait fait le choix de prendre cette maison qu’elle nous faisait vraiment rêver », explique Sarah.

Le propriétaire a dit « tomber des nuages »

Le propriétaire de la maison, qui habite à Limoges, a déclaré qu’elle « est tombée des nuages ». Jean-Pierre Benoit n’avait aucune idée que ses locataires campaient dans son jardin depuis vingt jours. Il n’a pas été prévenu, dit-il. Il est propriétaire d’un bel immeuble qui a été construit au début du XXe siècle, vers 1914. « C’est un bien familial dont j’ai hérité. C’était une ancienne conservation hypothécaire de Clamecy.

Aujourd’hui, il attend l’appel de l’assurance locataire, mais ce dernier sera en vacances.

Ce bel édifice a été construit au début du XXe siècle, vers 1914.

Le maire de Clamecy, Nicolas Bourdoune, a expliqué, de son côté, que les locataires avaient rejeté toutes les propositions de logement qui leur étaient soumises par la mairie. « Élu sur appel lors de l’incendie, j’ai fait le soir même une offre de déménagement pour la nuit suivante qu’ils ont déclinée. Le lendemain, j’évoquais la mise à disposition d’un bungalow au camping de la ville pour au moins une semaine, le temps de faire demi-tour. Ils refusent parce qu’ils veulent rester près de leurs chiens. » Les élus valident aussi la baignade dans les campings de la ville. « On ne peut pas laisser les gens sans possibilité d’hygiène.

Jean-Pierre Benoit lui assure que la maison sera restaurée. Un projet qui devrait durer plusieurs mois.

Laisser un commentaire