Avec des scoops, ce blogueur breton a fait de la télé-réalité un juteux business – Edition du soir Ouest-Franc

Célébrités, scandales, buzz… Bienvenue dans le monde de la télé-réalité, où tout est permis. Valentin Garzuel, un jeune Morlaisien, qui a grandi à Plougastel-Daoulas (Finistère), en fait partie. Avec des vidéos et des histoires, il en a fait son métier. Portrait.

« Vous regardez la télé-réalité ? a demandé Valentin Garzuel, plus connu sous le nom de Vaarruecos, sur son compte Instagram. « Je ne sais pas si vous en avez entendu parler, mais il y a eu un gros drame avant le tournage des Anges 4 avec Ricardo et Nehuda [janvier 2021, NDLR]. J’étais le seul avec les vidéos. Ça a été mon tremplin de fou, je suis allé à TPMP [Touche pas à mon poste NDLR] et tout », explique-t-il, de son débit de parole continu. A 19 ans, le jeune homme originaire de Morlaix (Finistère), au visage jeune, compte 170 000 abonnés sur Instagram et 119 000 sur Tiktok. Il est blogueur de télé-réalité et chroniqueur à La bande à NabilfliX, une chaîne populaire sur YouTube, dont les épisodes sont regardés par des centaines de milliers de personnes.

Il a décidément « disséminé des informations comme des ordures » sur les candidats des programmes. Les Marseillais, la Villa des Cœurs Brisés, la Bataille des Clans… Tout y passe. Entre demander des partenariats et vendre des scoops, il en vit. Et c’est tout un business.

« J’ai toujours rêvé d’être connue. Parlez de moi, j’adore ça. Déjà très jeune, Vaarruecos rêve d’être candidat à Secret Story. Encore trop jeune pour participer, il se demande comment accéder à ce milieu. Il prend alors l’exemple de Jeremstar, célèbre blogueur de télé-réalité, une « icône », quoique controversée. A 17 ans, elle abandonne son CAP de coiffure pour se consacrer exclusivement aux réseaux sociaux.

Il arrive dans un monde déjà bien ficelé : trois personnes occupent la terre. Lors de la saison 6 de Villa des Coeurs Brisés, son compte a explosé : « Sur ce tournage, j’étais le seul à avoir de vraies informations parmi tous les blogueurs », explique le morlaisien. Depuis, il enchaîne les scoops qui font un « buzz de ouf », le tout depuis son appartement. Les candidats ont commencé à le suivre. Pour eux « c’est bénéfique : ils restent dans l’actualité, ça leur donne des avis et donc des placements de produits ».

Le schéma est simple : plus les célébrités ont de followers et de visibilité, plus les marques s’intéressent à elles pour la publicité, plus elles gagnent d’argent. Le jeune homme de Morlais travaille la nuit, moment où il recueille le plus d’informations. Ses sources : ses abonnés, les membres de la production, les candidats, parfois même la famille de ces derniers.

Dans ce monde derrière l’écran, il n’y a pas d’éthique : « c’est chacun pour soi, il n’y a pas de règles », assume Vaarruecos. Les informations qu’il révèle vont de simples rumeurs à des accusations beaucoup plus graves. Une course interminable qui a parfois dérapé : « A un moment, je devenais sérieusement hors de caractère, je me regardais dans le miroir et je me disais ‘bonjour, t’es vraiment mauvais' ».

L’Instagrameur l’assure : il a toujours des « preuves » de ce qu’il dit. « Sinon, je demanderai confirmation à la personne concernée et je donnerai les deux versions ». Selon lui, pour tenter de le calmer, certains lui offrent… des sacs de la marque de luxe Prada.

« Le monde de la télé-réalité va bientôt s’effondrer »

Même s’il en vit aujourd’hui, il reste réaliste quant à l’avenir de son activité. « Avant, les candidats gagnaient 20 000 € par mois, maintenant c’est la moitié », a déclaré Vaarruecos. Les cotes d’écoute sont nulles, les productions transpirent », poursuit-il. Selon lui, les programmes ont atteint 1 million de téléspectateurs et sont maintenant tombés à 200 000. Une étude du quotidien, réalisée en 2021, montre en effet une baisse d’engouement : 62% des jeunes qui suivent ces programmes disent en regarder un peu moins qu’avant.

« Le monde de la télé-réalité va bientôt s’effondrer. Personne ne veut l’admettre », a déclaré l’Instagrammer. En tout cas, il ne fera pas cela pour le reste de sa vie. Il y a bien un moment où il retourne travailler, « comme tout le monde ».

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