Besoin de vitesse? Le business douteux de la location de voitures à la journée

Sur les réseaux sociaux, de très jeunes conducteurs de Suisse romande s’exhibent au volant de voitures de luxe. Les véhicules sont souvent loués en ligne à des prix abordables par des agences qui posent peu de conditions. Légal, mais discutable du point de vue de la sécurité routière.

Ces gros volumes de travail – 400, 500, voire 600 chevaux – valent des dizaines de milliers de francs. Au volant : de très jeunes conducteurs qui partagent leurs trajets sur Instagram. « On a loué ce super E63SAMG. Et franchement, je vais vous dire une chose : c’est un film de cul, c’est impossible. Bombe atomique ! Version complète, 612 chevaux », s’enorgueillit un jeune sur un réseau social.

Ces voitures sont des voitures de location. Depuis un peu plus d’un an, des agences opérant en Suisse romande et non immatriculées au registre du commerce proposent de louer ces voitures haut de gamme de manière extrêmement simplifiée. Le paiement s’effectue en liquide, sans acompte, les prix sont compris entre 700 et 1’000 francs par jour, selon les modèles, avec des taux d’intérêt inférieurs aux taux du marché. Et surtout : pas de limite d’âge.

Inquiétudes parentales

Le père découvre avec étonnement qu’un de ses fils, jeune conducteur, loue régulièrement ces voitures de luxe avec ses amis. « Ça m’a choqué, j’ai été très surpris », déplore-t-il. « On dit allez vous amuser avec 560 chevaux, allez chercher tous vos potes, vous êtes quatre. Ils vont s’écraser à 180km/h. On a 4 morts. Et quand le drame frappe, on se demande comment ça se passe. » éventuels jeunes d’accéder à un tel véhicule.

La RTS a contacté ces agences de location pour leur présenter le souci de ce père de famille. Personne n’a voulu répondre aux questions.

Légalement, rien n’empêche de louer ces puissantes voitures à de jeunes conducteurs à condition qu’ils aient 18 ans et qu’ils possèdent un permis de conduire valide. Cependant, la plupart des agences de location installées exigent un âge minimum ou un certain nombre d’années de permis. Si l’entreprise est légale sur le papier, elle pose des problèmes de sécurité routière.

Insécurité routière

Sur le terrain, le sergent-chef Philippe Guiauchain de la police cantonale genevoise contrôle régulièrement ces chauffeurs inexpérimentés au volant de voitures de location, notamment lors de réunions de mise au point.

Il cite l’exemple d’un jeune conducteur qui a perdu le contrôle de son véhicule et a percuté un autre véhicule. « Ce sont des véhicules qui sont puissants et qu’il faut maîtriser avant de pouvoir les utiliser à leur plein potentiel. On ne peut pas les confier à des conducteurs sans expérience. Le problème, c’est qu’ils se comportent mal sur la route. Sur route, fortes accélérations, excès de vitesse énormes . off. hésiter », se lamente-t-il.

Questions d’assurance

Un autre problème, selon Philippe Guiauchain, est la question de l’assurance : « Ces véhicules sont souvent loués. Le leasing n’a pas vocation à être loué ou sous-loué. Car la société qui finance le véhicule finance la personne. Donc ces contrats de sous-location ne sont pas déclarés à la société de financement », explique-t-il.

« Et vous avez un autre problème : les assurances qui couvrent le véhicule sont liées au preneur d’assurance. Je pense que si l’assurance savait que le véhicule passait de main en main, ce serait également un problème. » un agent de police.

Au niveau politique, une proposition a été présentée au parlement à Berne pour limiter le nombre de chevaux en fonction de l’âge.

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