Douvres-Calais : une semaine après le chaos du port, retour aux affaires comme d’habitude

Après le trafic du week-end dernier devenu polémique entre la France et le Royaume-Uni, la traversée estivale s’est bien déroulée ce samedi à Calais.

Le dernier samedi de juillet au port de Calais. Un samedi crossover estival qui vole en toute quiétude. Rien à voir avec l’agitation dans le port de Douvres une semaine plus tôt. A partir du vendredi 22 juillet, d’énormes embouteillages obligent les Anglais à attendre plusieurs heures à Douvres avant de pouvoir embarquer pour la France. Le port anglais et les autorités britanniques avaient accusé les Français de gâcher les vacances de leurs compatriotes.

Au milieu de ce week-end chaotique, le préfet des Hauts-de-France, Georges-François Leclerc, s’est exprimé en conférence de presse pour répondre aux Britanniques. Ce dernier avait alors reconnu un retard dans l’embauche de plusieurs renforts de la police des frontières, attendus pour ce qui était le premier vrai grand départ en vacances côté anglais.

«Ça va aller très vite !»

Au passage, le préfet avait rappelé l’obligation de tamponner tout passeport pour voyager entre les deux pays depuis la sortie de l’Union européenne du Royaume-Uni. En d’autres termes : le Brexit ralentit également le passage des frontières.

« Avant le Brexit, il y avait déjà des contrôles par la police française et la police anglaise. Les formalités étaient moindres. Aujourd’hui, elles sont un peu plus compliquées, notamment pour les poids lourds… Pour les passagers, le Brexit n’a pas beaucoup changé », tempère Jean-Marc Puissesseau, PDG du port de Calais-Boulogne.

Du haut du belvédère public du nouveau siège social du port de Calais-Boulogne, la vue sur le trafic est panoramique. Jean-Marc Puissesseau revient sur ce nouveau port qu’il a imaginé en 2003 et dont il s’apprête à quitter la direction mi-août. A sa gauche, il pointe du doigt le Côte d’Opale, un navire de la compagnie danoise DFDS en train de débarquer. « Vous verrez, ça ira très vite ! Il est 9h50. Des dizaines de voitures, volant à droite et coffres sur le toit, s’acharnent le long des routes du port pour rejoindre l’A25, l’autoroute dite anglaise, et se diriger vers le sud. « Les Anglais étaient pressés de venir, ils en étaient empêchés depuis longtemps », sourit le PDG du port.

Donc, aucun doute que les deux pays manquent un autre week-end d’été. Bientôt, l’affrontement a fait place à une réflexion sur la coopération entre les deux pays, pour éviter que l’épisode de Douvres ne se répète. Chacun a promis d’assurer la bonne taille de ses forces de police. « Malgré des rencontres et d’excellentes relations avec les autres, il peut encore y avoir des bugs. Il faut absolument avoir une synchronisation parfaite et que le bon nombre de cabines soient ouvertes, sinon c’est la pagaille », s’interroge Jean-Marc Puissesseau.

Lignes parallèles

En contrebas, ces fameuses cabines de contrôle, qui s’ouvrent et se ferment au gré de l’affluence, forment trois lignes parallèles qui ressemblent à des péages successifs. Les camions, moins nombreux le week-end, empruntent les bonnes rues. Les voitures glissent vers la gauche. Vous devez d’abord présenter vos billets à l’une des trois compagnies de ferry. Présentez ensuite vos identifiants à la police aux frontières françaises puis anglaises.

« Nous avons beaucoup d’espace ici. Il n’y a aucune raison de ralentir », a déclaré le président Puissesseau. A condition donc que les employés des compagnies maritimes et que les polices française et anglaise soient en nombre suffisant pour assurer un passage sans heurt de la frontière, à chaque point de contrôle. Pour ce samedi, chacun semble avoir pris ses responsabilités : côté départs et arrivées, tout va bien.

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