Family Business, Saison 3 : Un dernier coup de magouilles pour la route

Igor Gotesman dit au revoir à Hazans dans une ultime saison sacrément bloquée et portée par des talents en forme.

Igor Gotesman fait ses adieux aux Hazan dans une ultime saison sacrément barrée et portée par des talents en grande forme.

Fini le temps où Joseph Hazan et sa famille cultivaient du pastraweed pour sauver leur boucherie du Marais. Après deux saisons assez amusantes et efficaces, Igor Gotesman met un terme à son entreprise familiale dans un troisième chapitre chargé de dire au revoir aux Hazans. Cette comédie familiale loufoque était déjà sans doute l’une des meilleures séries françaises de Netflix, pourtant bien plus aboutie (et moins problématique) que Plan Coeur et l’Hérésie de Marseille. Il faut dire que la fiction évoquée sur THC pourrait reposer sur un duo comique de grande classe, avec Jonathan Cohen et Gérard Darmon.

Dans cette troisième et dernière saison, Hazan fait face à son plus gros problème depuis le lancement de la beucherie. Après s’être évadés de prison, ils tombent entre les mains de Catherine et de son fils Léonard (Raphaël Quenard, brillant), un adolescent psychopathe en manque d’amour qui veut vendre les organes de Joseph et de ses proches à des gangsters russes. Parallèlement, Aïda, Clémentine et Youssef mènent leur enquête à Paris pour retrouver et sauver Hazans. Le temps presse pour les amateurs qui ne se doutent pas que Catherine, la nouvelle amante de Gérard, joue un double jeu avec eux.

Défoncés comme jamais

Si Hazan a failli lâcher le business de la weed, cette saison 3 est paradoxalement la plus brandée des trois. Igor Gotesman pousse le capot très loin pour terminer sa série, tant au niveau des soupapes que de l’action. Tenu par un cartel colombien (ou plutôt corse) contre leur gré, Hazan fait face au mur et craque complètement. Au fil des épisodes, on croise des champignons hallucinogènes, un pénis surdimensionné, un tigre affamé et des chirurgiens nazis tout droit sortis d’OSS 117 dans un joyeux bordel pas toujours très crédible, mais assurément amusant.

L’entreprise familiale peut surtout s’appuyer sur le talent de ses comédiens, surtout deux. C’est évidemment Jonathan Cohen et son timing d’humour impeccable, irrésistible avec ses mimiques clownesques et ses grimaces. Mais cette saison, la palme de la vanne revient forcément à Louise Coldefy, l’interprète de la déjantée Clémentine, un personnage haut en couleur qui n’a jamais peur de penser tout haut. L’actrice lance des punchlines hilarantes à chaque apparition et explose l’écran avec des blagues de très mauvais goût, ce qui sécurise définitivement le show dans cette ultime saison.

Inflexible, ce dernier chapitre de la vie d’Hazan plonge fondamentalement dans l’absurde, quitte à parfois se perdre en chemin. Déjà à la base, il était parfois difficile de coller au concept de beucherie, mais le mélange entre comédie, série mafieuse et drame familial dévie définitivement de toute réalité dans cette saison 3. Igor Gotesman et ses acteurs s’amusent et ça se voit à l’écran : scènes d’hélicoptère, parodie sur Koh-Lanta (avec Denis Brogniart en caméo, s’il vous plaît), tournage, séquences hallucinantes à la limite du calomnieux… Les fans de la série apprécieront ce délire où tout est permis, métaphore pour longtemps, lien très long qui nous tient lapidés pendant six épisodes.

La chose la plus drôle à la fin ? Oui et non, car on a apprécié les sentiments de certains personnages secondaires, quasiment absents ici, dans les premières saisons, Ludmila et Aure en tête. La présence d’une réflexion sur les discours sociaux contemporains (dépénalisation du cannabis, homosexualité d’Aure, relations intimes chez les seniors) a complètement disparu au profit de l’humour et de la corrida. Même la dernière séquence de la série est une soupape alors qu’on aurait aimé assister à une touchante scène familiale entre les Hazans réunis. Les épisodes semblent parfois un peu précipités au profit de la blague, même si le mojo Family Business a toujours été assez léger et naïf au final.

Cependant, la recette THC de la série nous laissera de bons souvenirs, grâce à un casting percutant et des personnages attachants. Après Five, Igor Gotesman confirme son talent pour rassembler des bandes d’amis chaleureux et nous faire croire un temps que nous partageons leur vie. Family Business restera une série copain sincère, drôle et câline, que l’on aime flotter devant l’écran en compagnie de Marie-Jeanne ou non.

Les trois saisons de Family Business sont disponibles dans leur intégralité sur Netflix.

Laisser un commentaire