Genève, une histoire sur mesure – La Maison Tavel relocalise dignement son relief high-tech

Le relief de 2012 sur lequel sont projetés des plans anciens est l’une des attractions du musée de la rue du Puits-Saint-Pierre.

Le relief est désormais seul dans un parquet, emplacement plus adapté à ce dispositif d’immersion.

« J’ai deux reliefs… » pourrait chanter Maison Tavel. «L’ancien et le nouveau», pourrait-elle dire de manière plus pastorale. Le premier est la star du grenier au 6, rue du Puits-Saint-Pierre. Elle porte le nom de son constructeur Auguste Magnin et représente Genève en 1850. Elle est en zinc et en cuivre. Le nouveau appartient déjà à 2012; c’est « Genève, histoire personnalisée », un relief plus modeste apporté par des projections de plans et de cartes anciens, synchronisés chronologiquement avec un diaporama défilant au-dessus. Tous les commentaires avec une voix enregistrée qu’il vaut mieux écouter lorsque personne ne parle.

Ce dernier mardi de septembre, c’est une journée de grand brouhaha car la Ville et l’Etat se sont donné la main pour amorcer le déplacement de ce relief de quelques mètres. Il est passé de la première grande pièce du rez-de-chaussée de la Maison Tavel à un salon parqueté donnant sur le jardin. Il existe seul ; ce qui permet de mieux le voir en entendant les commentaires que là où le va et vient des visiteurs est constant.

Parce qu’il s’agit d’un « dispositif immersif », comme nous l’ont rappelé les intervenants. Orateur d’abord, car le consultant administratif Sami Kanaan ne prend plus la parole si seuls des hommes siègent au conseil ; il passe donc le relais à Virginie Todeschini, responsable de la cellule projets transversaux à la direction de la culture et de la transition numérique. Ensuite, le conseiller d’Etat Antonio Hodgers salue l’apport du numérique au service de la compréhension du passé.

Des pilotis préhistoriques

« Genève, une histoire sur mesure » a été remarquée depuis sa création il y a dix ans par de nombreux téléspectateurs. En douze minutes, le spectateur passe du recul des glaciers au XIXe siècle à travers toutes les cartes historiques de Genève détenues par la Bibliothèque de Genève (BGE), projetées sur relief blanc. Une belle façon de comprendre comment notre territoire s’est transformé sous l’effet des forces naturelles, mais aussi à travers l’activité des populations humaines. Une belle œuvre de la compagnie genevoise On-situ de Jean-Michel Sanchez et Julien Roger, dans un schéma de Vasken Yeghiayan. Les textes sont du géographe Jean-François Coulais.

Depuis 2012, ce relief a parcouru la Suisse, puis il est venu se reposer à la Maison Tavel, où l’intérêt incessant a finalement suggéré au conservateur Alexandre Fiette de lui consacrer une salle spéciale. Il jouxte une impressionnante installation mise à disposition par le Service cantonal d’archéologie. Ce sont des pilotis provenant d’un village sur pilotis au bord du lac. C’est tout ce qui reste des habitations lacustres préhistoriques situées au pied du Chemin de Plonjon. Ils sont placés devant le relief, posés sur une structure noire qui traverse la salle et inclut l’espace de projection. Il est étonnant de se retrouver face à face avec des morceaux de bois sculptés par des hommes de l’âge du bronze tardif, entre 1063 et 858 av. J.-C.

La traduction de « Genève, une histoire sur mesure » offre l’occasion de mettre en lumière cette réalisation très instructive et engageante à l’ère du numérique.

« Genève, histoire sur mesure », vue dans sa nouvelle chambre, Maison Tavel, 6, rue du Puits-Saint-Pierre.

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