Il a vu sa maison s’effondrer à Plouisy : Didier raconte son histoire

Dimanche 19 juin, Didier Connan, 67 ans, a vu sa maison s’effondrer après avoir été percuté par la remorque d’un transporteur de cochons : « C’est un truc de fou ce qui s’est passé. Mon lit a fait un bond de dix pieds. J’ai la chance d’être toujours là ! » Il y a une rencontre, tout est à l’envers, plein de poussière… »

Réhabilité avec sa fille – « qui a la décence de dormir sur le canapé pour sortir de son lit » – et ses enfants depuis l’accident, Didier cherche un toit pour lui, son chien et son perroquet.

« Pas possible d’habiter là ou alors je vais me pendre »

Selon les premiers éléments qu’il a pu obtenir auprès de son assurance, sa maison aurait « une valeur locative évaluée entre 500 et 700 euros ». Une somme à préciser sur laquelle peut être décomptée pour la mutation, le temps de travail, « un an, minimum ». Mais trouver un toit est une pierre d’achoppement dans la situation actuelle.

« On m’a proposé un logement à Plouisy. Instantanément, j’ai dit oui. Mais il faisait noir à l’intérieur, j’ai vite compris qu’il n’était pas possible de rester ici, sinon j’allais me pendre. Je ne pouvais pas emmener mon chien. et monter dans la chambre n’était pas une échelle mais une presque échelle. Je n’ai plus l’âge et la santé pour ça… »

Le Plouisyen frappe à la porte des réseaux sociaux : « Guingamp Habitat a monté un dossier, mais je me suis rendu compte que ce n’était pas une priorité. Quand il faut choisir entre une dame et ses deux enfants pour emménager ou moi, je comprends que c’est plus important d’accommoder la dame. »

La panique au moindre bruit

En plus de cette recherche de logement et du suivi du sinistre par les assurances, Didier a dû faire face au choc psychologique. « Chaque jour, je retourne à l’endroit et ils se tiennent là devant les décombres. Je suis comme un oiseau qu’on a trouvé, je ne peux pas quitter l’endroit. Je pense qu’aujourd’hui (ce mardi), je suis commence à peine à comprendre », lance-t-il. La sexagénaire dont le cœur bat au moindre bruit. Une bouteille de soda qui explose dans la maison de sa fille, une porte qui claque en ville à Guingamp et c’est la panique.

« J’ai besoin de trouver quelque chose pour me tenir debout, pour prendre l’oreiller parce que j’ai cueilli une châtaigne. J’étais déjà malade avant, je ne mangeais pas beaucoup, donc j’ai perdu l’appétit. »

Devant le mur, Didier a envisagé une solution définitive, si sa recherche n’aboutissait pas : « Je vais voir si Enedis ne peut pas donner le courant (le câble électrique a été coupé lors de l’accident) et trouver une caravane pour s’installer sur mon terrain. »

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