La désinformation, enjeu majeur du débat électoral au Brésil

AFP, publié le vendredi 01 juillet 2022 à 07h50

A trois mois de l’élection présidentielle brésilienne, qui s’annonce comme un duel entre Lula et Jair Bolsonaro, la désinformation est un enjeu majeur, avec des documents de plus en plus complexes à confirmer, du fait de la multiplication des formulaires et des nouvelles trompeuses.

Depuis le début de l’année, le nombre de confirmations de l’équipe de l’AFP surveillant les détails des élections générales d’octobre n’a cessé d’augmenter : quatre fois entre janvier et juin.

« Ces derniers mois, la désinformation électorale a fait des ravages sur Internet, faisant baisser le Covid », a déclaré Sergio Lüdtke, coordinateur du groupe Comprova, qui regroupe 42 médias impliqués dans la vérification de l’information, dont l’AFP.

Selon lui, « l’épidémie est devenue un événement politique » et « a servi de test » aux groupes publiant de fausses informations. Et à l’approche des élections d’octobre, la confirmation s’annonce « beaucoup plus complexe » que les précédentes élections de 2018, souligne-t-il.

Au Brésil, la plupart des élections virales présentent les deux candidats les plus populaires pour la course au sommet : le récent président Jair Bolsonaro et Luiz Inacio Lula da Silva, qui ont gouverné de gauche à droite en 2003. 2010.

De nombreuses publications ont également remis en cause le caractère électronique des urnes électorales fonctionnant dans le pays depuis 1996.

– Changement de désinformation –

Gardez une longueur d’avance sur le vote pré-électoral (47% selon un récent sondage réalisé par un data center benchmark), devant Bolsonaro (28%), alors que d’autres candidats se partagent des miettes, aucun d’entre eux ne dépassant 8.%.

Le 2 mai, les électeurs devront également élire leurs députés d’État et de district, ainsi que d’autres sénateurs.

En 2018, l’élection générale avait déjà été marquée par une annonce massive de fausses informations, notamment sur Whatsapp. Mais ils pourraient être facilement vérifiés.

« Aujourd’hui, nous voyons tellement d’histoires qui ne sont pas fausses en elles-mêmes, mais qui conduisent à des interprétations trompeuses », a expliqué Sergio Lüdtke.

C’est ce qu’a démontré l’AFP en mai, en analysant un tweet mettant en cause la crédibilité des bureaux de vote demandant « seulement un millier de personnes ».

Ce chiffre est exact, mais l’explication est erronée : des experts ont affirmé que cet échantillon pouvait être totalement fiable si le statut des répondants était cohérent avec la diversité de la population.

Pollyana Ferrari, experte en communication qui enchaîne les vérifications d’informations, déclare : « L’une des ficelles de la désinformation est de semer la méfiance chez les internautes, en confondant des faits dont le lecteur ignore à qui se fier. » Université catholique.

Depuis 2018, certaines plateformes font de plus en plus d’adeptes au Brésil, comme la messagerie Len Telegraph ou les systèmes vidéo TikTok et Kwai, qui permettent de diffuser plus rapidement et plus facilement des contenus visuels.

C’est arrivé, par exemple, avec une vidéo partagée plus de 100 000 fois qui semblait montrer des supporters de football criant « Reste, le voleur » dans le stade plein pendant le match de l’équipe de football du Brésil. Un autre enregistrement audio a en fait été ajouté au jeu, en utilisant le composant disponible sur TikTok.

Pour Pollyana Ferrari, cette plateforme symbolise un nouveau visage de la désinformation de nos jours : plus puissant, et plus humoristique.

« Comme un virus », dit-il, « cette fausse information pollue les oreilles, aveugle les yeux, s’attarde sur l’esprit et se cache derrière des blagues apparemment anodines, mais cela ne fait qu’empirer les choses.

La Cour suprême de justice du Brésil, qui est chargée de veiller au bon déroulement des élections, craint que « des informations fausses ou tirées du contexte n’affectent des jugements de qualité et ne motivent les électeurs à faire leur choix selon la notion erronée de vérité ».

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