Le choix du service culturel « Libé » cette semaine

Cette semaine nous a plu, entre autres. J’&AMP ; II : au-delà de l’hommage à sa sœur Ronit, décédée en 2016, avec des images d’archives, Shlomi Elkabetz propose un film qui invite à faire des films. Levez votre réservation !, à la nouvelle antenne du Frac-Ile-de-France : 33 artistes choisis par le public parmi plus de 2 000 candidats. La vie est une fête, Perros de Navarra, un show parfois scandaleux qui permet aux acteurs de se faire un festin mondain mêlant greenwashing, survival flip et autres CRS blues lassés de casser le gilet jaune. Blackwater de Michael McDowell, une saga en six tomes jamais traduite en France. You Belong There Premier album solo de Daniel Rossen, un de ces albums qui imposent d’emblée leur calme évident. En prime, notre playlist de la semaine.

«Cahiers noirs I & II», frère et douceur

Avant d’être un magnifique film de deuil, un portrait de l’actrice et cinéaste israélienne Ronit Elkabetz décédée en 2016 à l’âge de 51 ans, Cahiers noirs, réalisé par son frère Shlomi Elkabetz, est un beau film sur le cinéma, sur les creusets improbables où ça arrive (une cuisine à Tel-Aviv où s’affronte un couple malheureux, un appartement parisien où leurs enfants ont fui) à la fois pour rendre hommage à ses potentialités les plus émouvantes, et pour rendre éternelle la vie d’un être à l’écran. Pour le dire encore plus simplement, Cahiers noirs est un film qui donne envie de faire du cinéma. Dans sa manière de l’impliquer si intimement dans la vie, avec ses moyens rudimentaires et accablants (des centaines d’heures d’archives personnelles tournées par Shlomi Elkabetz sur trente ans), Cahiers noirs, film entièrement monté, est un monument à portée de main. , un chef-d’œuvre d’artisanat dont les coutures se révèlent en embrassant l’existence des créatures qui se déplacent autour de lui. Notre article.

Carnets noirs I & II de Shlomi Elkabetz, avec Ronit, Miriam et Eli Elkabetz. 1h48 et 1h40.

«As Tears Go By», Wong Kar-wai à pègre haleine

C’est émouvant de revenir sur le premier film d’un cinéaste confirmé, de le voir hésitant mais reconnaissable, à la croisée des chemins. Ainsi Wong Kar-wai, qui, avant de devenir une sorte de pop proustienne, aurait pu virer Michael Mann de Hong Kong (et pourquoi pas d’ailleurs). As Tears Go By est aussi ce que Wong a fait le plus commercialement (son plus gros succès en dehors du box-office hongkongais, jusqu’à The Grandmaster (2013). Scorsese. Notre article.

As Tears Go By de Wong Kar Wai, avec Andy Lau, Maggie Cheung… (1h42).

Observateur critique d’une Italie en mutation, Pasolini est déstabilisant. Sa mort, mille fois commentée, cacherait presque la puissance de l’œuvre implacable, poétique, provocatrice, qui n’a pas attendu la fin tragique de son auteur pour penser la violence et le corps torturé. Christ mort du proxénète perdu d’Accattone, martyr d’Ettore, fils perdu de Mamma Roma, quand ce n’est pas l’agonie du Christ lui-même sur la croix (Evangile selon saint Matthieu), même les corps-biens, victimes d’un consumérisme totalitaire système, dont Salò ou les 120 jours de Sodome, l’explosion cinématographique définitive sortie peu après sa mort, aura métaphorisé l’horreur en modernisant le marquis de Sade. Notre article.

« Rétrospective Pier Paolo Pasolini » au 50e Festival du Film de La Rochelle, du 1er au 10 juillet.

Accattone et Mamma Roma sortiront en salles le 6 juillet. La Ricotta, Enquête sur la sexualité, L’Évangile selon saint Matthieu, Oiseaux grands et petits, Œdipe roi, Médée, en salles le 20 juillet.

Hervé Joubert-Laurencin La Grande Chanson. Pasolini, poète et cinéaste. Éditions Macula, 864 pages, 49 €, à paraître le 19 août.

Expos

Au Jeu de paume, la patte de Jean Painlevé

(Geneviève Hamon/Les Documents du Film)

Il était admiré par Eisenstein et les surréalistes. Et encore aujourd’hui, c’est une source d’inspiration pour les artistes. Pierre Huyghe, Philippe Parreno, Joan Jonas, Nicolas Floc’h ou Jochen Lempert se revendiquent des leurs, sans oublier les musiciens qui aiment se mêler à leurs films muets. Un artiste pour les artistes, Jean Painlevé ? Grand observateur des crevettes, crabes, oursins, hippocampes et méduses, le cinéaste (1902-1989) est entré dans la légende. Mythe que l’exposition détaillée du court de tennis vise à déconstruire. Car si son travail est apprécié pour sa poésie visuelle, il est avant tout sa source dans la recherche scientifique. La première exposition française entièrement consacrée à Jean Painlevé, auteur de 200 films, replace la production de ce cinéaste original et indépendant dans le contexte historique de l’entre-deux-guerres, mais aussi dans les recherches et techniques de l’époque : films inédits, courts métrages pédagogiques films . et des articles scientifiques sont présentés pour la première fois. Notre article.

« Les pieds dans l’eau » de Jean Painlevé au Jeu de Paume (75001), jusqu’au 18 septembre.

Bric-à-Frac à Romainville

(Martin Argyroglo/Martin Argyroglo)

Plus de 2000 candidats, pour seulement 33 élus. L’exposition inaugurale dans une nouvelle antenne du Frac Ile-de-France (principalement dédiée au stockage de sa collection), à Romainville (Seine-Saint-Denis), repose en effet sur un vote sans merci et sans recours possible. Seules les pièces ayant obtenu les suffrages du public ont le droit de s’asseoir dans la salle, un white cube traversé par une longue baie vitrée, et donc de sortir des réserves attenantes. Pour les autres, cependant, tout espoir reste ouvert. Chaque année, il y aura cinq élections, pour autant de salons. Pour cette première, trois cents participants ont pris part au vote. Ce n’est pas énorme, mais l’abstention peut se réduire avec le temps et le bouche à oreille. Le Frac, volontariste, l’espère, proclamant son objectif : que « le public devienne désormais acteur à part entière d’une grande collection d’art contemporain en déterminant quelles oeuvres sont présentées dans les espaces d’exposition ». « Lâchez votre réservation ! » Par conséquent, il se veut une exposition démocratique et conceptuelle : nous parlons d’abord de l’idée sous-jacente, puis des pièces. Notre article.

Débarrassez-vous de votre réservation ! dans le Frac Ile-de-France, les réserves, à Romainville, jusqu’au 1er octobre.

Scènes

«La vie est une fête» des Chiens de Navarre, tout fou tout flemme

Après l’identité nationale et les névroses familiales, La vie est une fête – titre antiphrastique, bien sûr – inverse le champ de la psychiatrie. Un terrain miné, comme la Compagnie des Chiens de Navarre, pas exactement reconnue pour son sens de la demi-mesure, risque de s’engager dans un sens unique, où l’excès (de paroles, de gestes, de cris…), utilisé comme leitmotiv, il deviendrait plus auto-parodique que pratique. Une peur qui se confirme dans certains sketchs fatalement lourds, atteignant le summum de la nullité scandaleuse dans l’affrontement entre un ministre impassible et un pécheur qui lui jette morve et excréments. Peu pratique, dans un stade aussi régressif de scat guiñolade, le théâtre furieux des Chiens de Navarre parvient cependant à s’accrocher aux branches d’un constat plus averti de l’époque, où le thème de l’aliénation – un fil rouge, en réalité – s’évanouit. , disparaît même, pour permettre aux acteurs de se régaler de la mauvaise mixité sociale du greenwash, du survival change, et autres CRS blues lassés de casser le gilet jaune. Notre article.

La vie est une fête des Chiens de Navarre, aux Nuits de Fourvière à Lyon jusqu’au 30 juin. Puis en tournée, de juillet 2022 (Mons) à juin 2023 (Paris, Bouffes du Nord).

Livres

«Blackwater» de Michael McDowell: le bayou, son univers impitoyable

Michel Mc Dowell

sans date (Ann McQueen)

Une jeune femme attend, stoïque, sur un lit de l’hôtel Osceola, alors que tout autour d’elle est envahi par l’eau. La rivière a submergé les quartiers de la ville basse de Perdido, en Alabama. A bord d’un canot, deux hommes, un blanc et un noir, recherchent des survivants. Ils remarquent la silhouette à travers la fenêtre de la chambre. Dans cet environnement dévasté, cette présence semble miraculeuse, voire surnaturelle. Il s’agit de la première scène de la saga Blackwater en six épisodes de Michael McDowell. On pouvait le voir dans ce texte, plusieurs fois réédité aux États-Unis mais jamais traduit en France depuis quarante ans, comme une présence insolite et tenace attendant son heure. Le profil de son passeur ne pouvait être que celui d’un chercheur de fonds, aimanté par des œuvres qui résistent à la noyade. Dominique Bordes, fondatrice en 2004 de la maison bordelaise Monsieur Toussaint Louverture l’a lu il y a cinq ans. Il l’avait découvert en lisant The Green Line de Stephen King, feuilleton fantastique initialement publié en six tomes en 1996. Le précédant, et même l’inspirant, Blackwater fut publié en six tomes entre janvier et juin 1983. King, un ami de McDowell, avait admiré le processus et loué son succès. En 2022, la parution française de la saga s’est faite avec des intervalles plus courts pour ne pas décourager les lecteurs, soit en trois mois, tous les quinze jours, du 7 avril au 17 juin. Chaque couverture a donné lieu à une illustration originale en couleur bronze signée par l’artiste espagnol Pedro Oyarbide. Trois mois après sa parution, Blackwater s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires. Notre article.

«La Nuit des Hyènes», aux abois de Boulogne

Blackwater : le Déluge, la Digue, la Maison, la Guerre, la Fortune et la Pluie de Michael McDowell, éditions Monsieur Toussaint Louverture, 8,40 € pièce.

Dans un jargon de banlieue efficace et approprié, Johann Zarca déroule son enquête ratée dans les abords lugubres du bois de Boulogne, sa rencontre ratée avec une prostituée, dont il fictionne en parallèle la terrible nuit, mais avec des bribes de réalité très crue. C’est aussi un roman en forme d’hommage cru aux travailleuses du sexe bon marché, dont les destins se réduisent souvent à de brefs événements divers, toujours en marge, dans la vie et dans la mort. Un éclair de chaleur humaine dans le bois gelé. Notre article.

Musique

«You Belong There», la griffe Daniel Rossen

La Nuit des hyènes de Johann Zarca, Goutte d’or, 192pp., 17 €.

L’effet torrent provoqué par le premier album solo de Daniel Rossen, après deux décennies sous la couverture collective de groupes à fort tropisme animal (le sympathique et fortuné Grizzly Bear, le duo plus volatil Department of Eagles), est encore plus puissant et imparable. Sorti au printemps, You Belong There est un de ces albums qui impose d’emblée sa calme évidence, comme un effet de loupe focalisé sur le détail d’une fresque mille fois vue, mais qui ouvrirait sur un monde encore plus vaste, à la fois familier et totalement dépaysant. Car si en lui on retrouve ce qui nous attirait déjà dans Grizzly Bear (les essences folk qui nourrissent une superposition de voix et une arborescence d’instruments qui ne se reposent jamais), son empreinte personnelle ainsi détachée de l’ensemble procure des sensations bien plus fortes. Notre article.

«Breaking The Thermometer», Leyla McCalla, Haïti phone home

Vous appartenez là par Daniel Rossen (Warp).

Blues d’antan, ritournelles folkloriques de troubadours, tambours redoublant la mémoire du carnaval, musiques rares, bouffées d’âme éternelle, jazz entre guillemets, reprise classe d’un classique de Caetano Veloso précédé d’un poème tiré de l’haïtien Manno Charlemagne, surf des profondeurs de l’océan, et même des souvenirs d’années à étudier Bach, Leyla McCalla passe au crible son désir de « bousculer » les schémas, paraphrasant la pensée d’Edouard Glissant. Et telle la visionnaire antillaise, elle s’exprime en présence de plusieurs langues (anglais, créole, français), réunissant souvenirs personnels, archives sonores et interviews contemporaines, pour finir par un album manifeste passionnant, plus qu’un concept banal, où le retour vers le passé sert de boussole pour réenchanter nos lendemains. Notre article.

Et aussi

Briser le thermomètre de Leyla McCalla (Anti/Pias).

Quoi écouter ce week-end ? Pop, rap, techno, baroque… Chaque semaine, le rayon Libé Culture vous livre sa playlist express, les tympans dans l’actualité.

Le sourire de Domi & JD Beck (universel)

L’éperon (sans quartier) de Joan Shelley

Pietà l’è morta de Silvia Tarozzi et Deborah Walker (Unseen Worlds)

Mémoire par deux coques (audio mainframe)

Retrouvez chaque jour dans notre édition papier, les pages culture avec les mercredis, une revue complète du cinéma et des sorties du week-end, des Carnets d’images (photos, BD, séries, jeux vidéo, etc.), de la Musique et des Livres. Plus d’actualités culturelles sur le site de Libération et dans notre newsletter quotidienne.

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L’émission est filmée sur le plateau 3 des studios Rive Gauche d’AMP Visual, plateau précédemment occupé par Nowhere Elsewhere puis Le Grand Journal.
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Eliot Deval – Journaliste CNEWS – CANAL+ | LinkedIn.

Qui est propriétaire du journal L’Express ?

Qui est Elliot Deval ? Eliot Deval – Journaliste CNEWS – CANAL | LinkedIn.

Elle fait partie du groupe L’Express, qui appartient à Alain Weill depuis 2019, après avoir rejoint SFR Presse de 2016 à 2019, un groupe créé et détenu par le milliardaire franco-israélien Patrick Drahi. L’Express est l’un des cinq hebdomadaires nationaux d’information.

Qui est le propriétaire du journal Le Figaro ?

Qui est le propriétaire du journal Le Point ? C’est l’un des cinq hebdomadaires nationaux d’information en France. Il appartient depuis 1997 à la famille Pinault qui détient 100% du groupe Sebdo-Le Point à travers sa holding Artémis.

En 2004, le groupe Dassault devient propriétaire du Figaro, alors dirigé par Nicolas Beytout et Francis Morel.

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