Le décès brutal de Joël Viratelle, qui dirigeait la Maison de la Nouvelle-Calédonie à Paris depuis 2006 – Le Parisien

La Maison de la Nouvelle-Calédonie est un lieu incontournable pour les enfants, représentants et autres amis du Caillou en France. Et son directeur a pris une telle importance symbolique que la disparition soudaine de Joël Viratella ce mardi a suscité de nombreuses réactions. Politique, mais pas seulement.

Françoise Tromeur et la rédaction de NC la 1ère

Publié le 20 juillet 2022 à 10h06

Une pluie d’hommages de la part de nombreuses personnalités politiques ou bien d’autres personnes ayant fréquenté la Maison de la Nouvelle-Calédonie à Paris. Mercredi, la disparition de Joël Viratello a déclenché des émotions particulières. Celui qui symbolisait le MNC depuis 2006 est décédé subitement, mardi 19 juillet, dans sa cinquante-neuvième année. Examen.

Le conseil d’administration de la Maison est actuellement présidé par Roch Wamytan, président du Congrès de Nouvelle-Calédonie. Qui, dans un communiqué, exprime « une profonde émotion » et rend hommage à « cet enfant du pays qui a donné sa part pour préserver le dialogue et la paix jamais acquise ». « Joël Viratelle a contribué inlassablement au rayonnement de la culture kanak et calédonienne », écrit-il. « Son chemin de vie a été profondément marqué par la compassion, ce qui l’a naturellement conduit à se consacrer à la consolidation du destin commun. Symbolisée par le choix des huit bâtons de kaori qui ornent la grande loge du MNC, cette deuxième maison unissait pour lui ‘tout vivant et politique, la science oblige les pays à réfléchir ensemble et à mobiliser nos ressources. »

« Nous perdons une créature exquise de loyauté, d’intelligence et de sensibilité. La Nouvelle-Calédonie et la France perdent un artisan du dialogue et de la paix », salue Jean-Jacques Brot sur Twitter. L’actuel préfet des Yvelines, haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie de 2013 à 2014, lui a décerné l’insigne de Chevalier dans l’Ordre national du Mérite en mai dernier. Joël Viratelle était également officier de l’Ordre des Palmes Académiques.

Un autre ancien taureau le loue. « En tant que pédagogue, il aimait convaincre avec raison », raconte Alain Christnacht. « En homme de culture, il a su parler avec émotion des riches cultures de cette terre, qui est devenue la sienne. Homme de caractère, il a défendu ses convictions sans jamais les imposer. Homme d’écoute et de dialogue, se souvient-il la nécessité et la possibilité d’une conversation mutuelle pour construire une Nouvelle-Calédonie fraternelle, où les communautés seraient liées par leurs identités propres, mais ni unies ni juxtaposées au risque d’un conflit stérile. »

« Joël Viratelle, passionné de rencontres et de culture, a été un infatigable artisan du dialogue et de la paix en Nouvelle-Calédonie », ajoute Sébastien Lecornu, ministre des Armées, ancien ministre des Outre-mer.

Et pour le ministre des Outre-mer, Jean-François Carenco, « la Nouvelle-Calédonie perd aujourd’hui un de ses ambassadeurs ». L’actuel haut-commissaire Patrice Faure s’est joint au chœur.

Philipe Dunoyer rappelle que cet homme serait « le premier directeur de l’enseignement primaire public de Nouvelle-Calédonie ». C’était au tournant de l’an 2000, pour la passation des pouvoirs. Jusqu’en 2006, il était le chef de la direction de l’éducation du DENC. Le député de la première circonscription insiste sur le fait qu’« en tant qu’infatigable militant pour la paix, il contribuera constamment à favoriser le dialogue nécessaire entre les communautés et les représentants des institutions ».

Bravo également à un autre député calédonien. Nicolas Metzdorf se souvient « d’un homme dévoué à la Nouvelle-Calédonie, qui fera de notre maison à Paris un repère des Calédoniens en métropole. Il était déjà à mes côtés quand j’étais étudiant, il était encore là quand j’ai été élu, et récemment, à mon arrivée à l’Assemblée nationale », le mois dernier.

L’ancien sénateur Simon Loueckhote rapporte que Joël Viratelle, qui était l’un de ses collègues au Congrès, était le plus jeune IDEN, inspecteur du ministère de l’éducation nationale en France. Il avait 31 ans.

L’Honorable Sénateur Simon Loueckhote réagit avec Alix Madec au décès de Joël Viratelle

« Il a été inspecteur et directeur du DENC avec convictions au service des étudiants de notre beau pays », répond la section pédagogique du Syndicat des fonctionnaires.

Décès de Joël Viratello : la réaction de Benoît Lamothe, secrétaire général du Syndicat des responsables de l’éducation, Alix Madec

L’Association des cadres venant en Nouvelle-Calédonie lui rend également hommage. Joël Viratelle, enseignant dans les années 1980, d’abord en brousse puis dans le grand Nouméa, est titulaire d’une maîtrise de droit de l’université de Bordeaux. Il a été titulaire de l’école supérieure des cadres de l’éducation nationale, promotion Rabelais (1994-1996). Il a été administrateur de l’agence de promotion et de diffusion de la culture d’outre-mer, administrateur de l’école de la seconde chance de Nouvelle-Calédonie, membre du comité de pilotage du projet de création d’une ville d’outre-mer.

Il était surtout connu comme directeur du MNC, représentant permanent de la Nouvelle-Calédonie à Paris. Il ne faut pas oublier que la mission de cette association est d’assurer la promotion économique, sociale et culturelle de Caillou et la représentation de ses institutions. De ce fait, il est appelé à intercéder aussi bien pour les étudiants que pour les Calédoniens en voie de guérison ou en difficulté (la crise du Covid l’a mis en lumière), les artistes en résidence et les délégations en mission, auxquels il peut apporter un soutien logistique. En 2018, la MNC disposait d’un budget prévisionnel de 441 millions de francs CFP, financé par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et des trois provinces, avec un effectif de 23 salariés à temps plein. Ces chiffres figurent dans le rapport du comité d’audit sur la gestion de la structure.

« Il était membre central de la Maison de la Nouvelle-Calédonie lorsque la décision de la créer a été prise en 2004, au lendemain des élections régionales », affirme l’ancien député Philippe Gomès, expliquant que Joël Viratelle avait alors été sollicité pour le poste par Marie-Noëlle Thémereau Premier ministre. « Il a réussi avec brio cette mission très complexe, certains voyaient dans ce service public décentralisé les prémices d’une ‘ambassade’ d’un pays indépendant… », ajoute-t-il. « Joël a su faire de ce lieu un lieu de rencontre, de tolérance et de respect. Un lieu ouvert à tous les Calédoniens, quelles que soient leurs sensibilités politiques. Nous nous sommes tous sentis faire partie d’une même nation lorsque nous avons franchi ses portes.

Le président de la province des Iles, Jacques Lalié, qui l’appelle à juste titre « le bâtisseur de notre ambassade parisienne », estime qu' »il a su être un trait d’union entre les cultures de notre pays et a toujours répondu présent pour faciliter le séjour de nos étudiants ». dans la métropole. , nos patients et nos collectivités ».

« A Paris, il personnifiait la compétence et la Nouvelle-Calédonie », résume Virginie Ruffenach, présidente du groupe Avenir en Confiance au Congrès et vice-présidente du Rassemblement. Un parti dont le président, Thierry Santa, prend également la parole.

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