Les châteaux mettent en valeur la partie touristique bretonne

PATRIMOINE – Hébergement, restauration, location ou réparation de vélos… A l’intérieur des terres, ces maisons longtemps abandonnées redeviennent utiles.

Après des années d’inactivité, les maisons éclusières reprennent vie en Bretagne, où elles sont à la fois une source de développement économique pour l’intérieur de la presqu’île et une réponse à une demande citoyenne de tourisme « doux ». Très pimpante avec ses plantations récentes qui commencent à grimper le long de sa façade, la maison éclusière de Boju, à Gueltas (Morbihan), a bénéficié d’un des appels à projets lancés par la Région, en charge des quelque 500 km de voies navigables du la Bretagne qu’elle a voulu faire vivre.

Les demandeurs – publics, privés ou associatifs – doivent proposer des services (hébergement, restauration, location ou réparation de vélos, etc.) aux usagers du canal et de ses abords, voire proposer des loisirs nautiques « nouveaux et innovants ». Lorsque le projet est retenu, la région prend en charge le gros œuvre de rénovation de la maison, laissant la restauration de l’intérieur au porteur de projet avec qui une convention d’occupation temporaire (COT) est signée en échange d’un faible loyer annuel.

La maison de Boju est gérée par la commune de Gueltas, commune rurale d’environ 500 habitants. « C’est vraiment un lieu d’accueil », explique la maire, Sylvette Le Strat. Elle accueille de nombreux « voyageurs » qui empruntent le chemin de halage le long du canal de Nantes à Brest à pied, à vélo, voire à cheval. L’idée était que « l’on se sente chez soi » tout en conservant « son âme » lors de la rénovation. Pari réussi. Au rez-de-chaussée de cette maison aux volets bleus, cuisine et séjour avec cheminée, séparés par l’escalier desservant deux chambres à l’étage, pouvant accueillir huit personnes en tout.

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Comme « la maison seule ne procurait pas d’emploi, nous avons décidé de créer d’autres logements à proximité », poursuit l’élu. C’est ainsi que sont nées les « pénettes », posées sur l’eau un peu plus loin et inspirées des bateaux qui assuraient autrefois le transbordement du bétail d’une rive à l’autre.

Ils leur répondent sous les arbres par quelques mini habitations en bois aux formes arrondies, comme des cocons, n’offrant que des couchages et un abri pour les vélos. Le tout avec la volonté que « ça reste abordable » : de 30 à 40 euros la nuit. Et, pour répondre à la demande des convives, une crêperie, face au canal, a ouvert cette année. Au total, « nous avons créé quatre emplois sur le site », en partie saisonniers, précise le maire.

Gîtes flottants

Quelques dizaines de kilomètres plus loin, Eddy Pellan a monté son projet dans un esprit différent, plus destiné aux pêcheurs : deux lodges flottants, véritables petits appartements avec terrasse, tout équipés, y compris pour l’hiver. Le tout avec phytoépuration. « Non seulement mon idée a séduit la Région, mais nous avons ajouté une activité de bateaux électriques, sur le quai fluvial de Josselin, au pied du château », se réjouit-il.

Non loin de Gueltas, la maison éclusière de Poulhibet se transforme en showroom l’été. Mais il est avant tout destiné à servir les sans-abri. « De l’eau à disposition, des toilettes sèches, un barbecue, des tables de pique-nique », énumère Monique Le Clézio, secrétaire de l’association « Canal Guerlédan-Pontivy », qui gère le lieu.

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Ces activités au fil de l’eau, « ça fait aussi partie de cette nouvelle façon de passer des vacances un peu lentes, douces, découvertes », analyse Gwenola de Araujo, directrice de l’Office de Tourisme de Pontivy Collectivité.

« La découverte, ce n’est pas que des paysages, c’est aussi pouvoir manger des choses qu’on ne mangera pas ailleurs, découvrir des métiers qu’on ne trouvera pas ailleurs », dit-elle. . « La Bretagne intérieure propose quelque chose de différent et répond aux besoins d’un public soucieux de calme et de découvertes différentes (…). Cela permet de valoriser notre territoire, dont nos producteurs, et de créer des emplois », résume Sylvette Le Strat.

Dernière née à Gueltas : une pénette proposant des « massages bien-être » ou des séances de sophrologie. Le confort après une journée de vélo !

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