Lunity, vedette franco-manitobaine des jeux vidéo en direct

À 30 ans, la Franco-Manitobaine Myriam Damphousse a bâti une carrière dans la musique et les jeux vidéo sur Internet. Spécialisé dans l’univers de League of Legends, il attire des dizaines de milliers d’abonnés sur Twitch, Spotify ou YouTube.

Derrière son écran d’ordinateur, Myriam Damphousse, connue sur le web sous le nom de Lunity, anime une émission. Casque sur les oreilles, micro à proximité, elle joue pendant 5 heures au tout nouveau jeu Stray, où l’on incarne un chat. Rires, suspense, blagues… la jeune femme sait manier le clavier et la souris tout en interagissant avec sa communauté sur Twitch, qui compte plus de 83 000 abonnés.

Avant de déménager à Los Angeles en 2015, Myriam Damphousse a grandi dans un petit village francophone de la municipalité rurale de Montcalm, au Manitoba. C’est là, dans le garage de ses parents, qu’elle a tourné sa toute première vidéo, qui a ensuite été postée sur YouTube il y a 13 ans. Aujourd’hui, cette vidéo compte 48 000 vues.

A l’époque, la jeune Myriam était passionnée par la danse shuffle. Mes vidéos étaient courtes [ses premières étaient de 47 secondes] parce qu’Internet était presque inexistant [dans le village] et il fallait des heures pour les mettre sur YouTube, se souvient-elle.

Une autre passion de la Franco-Manitobaine est le jeu vidéo. Je joue depuis que j’ai 5 ans, dit-il. Mes parents avaient un vieil ordinateur IBM, puis j’ai eu une PlayStation.

Tetris, Space Invaders, Chrono Trigger… elle a fait ses premiers pas en touchant différents genres. Mais surtout les jeux de rôle en ligne massivement multijoueurs (MMORPG) comme World of Warcraft ou Starcraft 2 qu’il affectionne le plus.

La révélation League of Legends

C’est dans ce domaine qu’il va exploser. Il y a huit ans, il a rejoint le monde de League of Legends (LoL). Sorti en 2009, le jeu Riot Games attire toujours des centaines de milliers de joueurs.

Mais Myriam Damphousse n’a presque jamais joué à ce jeu. Beaucoup d’amis que j’avais dans d’autres jeux sont allés à League of Legends. Au début, je ne voulais pas y jouer, ça ne m’intéressait pas.

Finalement, sous la pression de ses amis, il décide de ne l’essayer qu’une seule fois. J’ai retrouvé un milieu social que j’avais dans les autres jeux et j’ai continué à jouer, explique-t-il.

League of Legends devient alors un univers où il prospère et se fait connaître. Alliant sa passion pour la musique et LoL, elle se fait remarquer pour ses créations musicales parodiques axées sur le jeu. J’ai commencé à écrire des parodies de chansons en remplaçant les mots de titres populaires par des mots liés au jeu. aimé et il a décollé!

Sa chaîne YouTube compte désormais 261 000 abonnés et nombre de ses vidéos attirent des millions de vues, tandis que sur Spotify plusieurs de ses reprises approchent ou dépassent le million de lectures.

Un concert en direct depuis la Chine

Ses productions lui permettent d’être vu par la société à l’origine de LoL, Riot Games, qui lui propose alors de participer à un immense concert pour la finale du Championnat du monde en Chine. Ils ont reconnu mon travail, elle se félicite.

En 2017, il se rend à Pékin. Pendant une heure et demie, avec d’autres artistes, il s’est produit devant des milliers de spectateurs. C’est une expérience que je n’oublierai jamais!” il a dit.

La Franco-Manitobaine Myriam Damphousse au dernier concert de League of Legends 2017 à Pékin.

Le concert était super. Il y avait beaucoup d’effets spéciaux, la musique était géniale… C’est incroyable, pour moi, d’avoir eu cette opportunité, poursuit-elle, les étoiles toujours dans les yeux, en repensant à l’événement qui cumule plus de 495 000 vues sur YouTube.

Plongée dans Twitch

2017 est aussi l’année où le Franco-Manitobain décide de se lancer sur Twitch pour diffuser ses matchs de jeu vidéo en direct sous le nom d’instavideast (streamer, en anglais). Après un divorce, je me suis recentré sur moi-même et concentré sur ça, explique-t-elle.

Depuis, elle joue une trentaine d’heures par semaine. Par contre, toutes ses émissions en direct sont en anglais. Je ne peux pas le faire en français, c’est trop difficile à traduire, avoue-t-elle, gênée.

Je manque tellement de pratique, c’est gênant, continuant celle qui a pourtant été à l’école régionale de Saint-Jean-Baptiste dans la division scolaire franco-manitobaine. Sa seule chance de s’entraîner a été lorsqu’elle est revenue au Manitoba, car son grand-père n’aimait que le français.

« J’essaie parfois, quand les gens me demandent dans la conversation. Je dis que je parle français, mais c’est très rouillé. »

Elle ne reviendra pas dans la province avant si longtemps. [en Californie] est ma vie. J’ai décidé de rester après mon divorce parce que j’avais plus d’opportunités professionnelles, dit-elle, ajoutant qu’elle revient au moins une fois par an, notamment pour voir son grand-père.

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