Marque employeur, attention au syndrome du « show house »

Sujet très en vogue dans un marché du travail tendu, les stratégies de « marque employeur » sont souvent présentées comme la martingale pour attirer, engager et retenir les meilleurs talents dans les entreprises. En France, en 2022, cependant, 1 salarié sur 2 envisage de quitter l’entreprise pendant la période d’essai [1] et 40 % rompent le contrat dans les 6 premiers mois [2].

La raison la plus souvent invoquée ? Syndrome de la « maison témoin ». Par des initiatives visant à rendre l’entreprise plus attractive pour les candidats, la marque finit par lui donner une image idyllique souvent trop éloignée de la réalité du terrain, et crée ainsi les conditions d’une désillusion rapide de la nouvelle recrue.

Sans une marque forte et cohérente, point de marque employeur pérenne

Et l’autre « effet Kiss Cool », cette désillusion se propage rapidement aux salariés déjà en place qui prennent conscience du décalage entre leur quotidien et ce que promeut l’entreprise pour laquelle ils travaillent, ce qui leur donne soudainement envie d’aller ailleurs.

Fini le marketing pur des métiers RH qui vante que l’entreprise poursuit une mission sociale avant la recherche du profit, que chaque réunion est une fête et que chaque action est riche de sens. Ce que les candidats et les partenaires recherchent avant tout, c’est l’authenticité. La transparence sur la réalité des missions proposées, sur la relation avec les collègues et la vie dans l’entreprise leur permettra de se reconnaître dans les valeurs de l’entreprise et de se projeter dans la culture, sans risquer de se sentir déçu voire trompé.

Passer de la promesse à l’engagement

Quand 81% des salariés déclarent ne pas percevoir de conformité avec ce que l’entreprise communique et sur leurs expériences lors de leur premier recrutement, il semble essentiel que la marque employeur reflète « l’expérience salarié » afin de ne pas créer de désengagement des partenaires. Pour plus de cohérence, l’entreprise doit s’appuyer sur ses vrais atouts – ou faire des ajustements en interne – et le refléter sur la communication externe et l’expérience offerte aux candidats. Bref, l’entreprise doit souligner son identité profonde.

Avant de communiquer vers l’extérieur, chaque entreprise doit définir sa propre identité et la traduire à travers son image de marque. Ce socle de base, qui reflète les valeurs et la stratégie de l’entreprise, est le moteur de toute marque employeur. Il permet de passer d’une simple promesse à un engagement. De la maison témoin à la réalité. Et c’est le lien qui unira les collaborateurs autour d’objectifs communs réalistes qui constitue une véritable culture d’entreprise.

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