Paris Business Angels : « Aujourd’hui, nos business angels donnent du sens à leurs investissements »

L’association Paris Business Angels compte aujourd’hui 180 investisseurs individuels de la région parisienne. C’est l’un des réseaux les plus importants d’Île-de-France. Elle fait partie de la fédération France Anges. Au sein de cette association, le principe est le suivant : chaque membre investit la somme qu’il souhaite dans la start-up qu’il souhaite. Actuellement, les membres de Paris Business Angels disposent d’un portefeuille de 150 start-up, principalement présentes en Île-de-France. En 2021, ils ont réalisé plus de 3 M€ d’investissement, dont une opération de près de 1 M€ dans une start-up parisienne de la santé. C’est un exemple d’une tendance établie au sein de cette association : les investisseurs recherchent des start-up qui ont un impact sur la société. Élisabeth Lécuyer, présidente de Paris Business Angels, fait le bilan de ces deux années de crise sanitaire.

Actu-Juridique : Quel est le sentiment des membres du Paris Business Angels par rapport à la conjoncture économique actuelle ?

Élisabeth Lécuyer : Nos membres ont investi beaucoup plus que l’an dernier. Nous avons enregistré plus de 3 millions d’euros d’investissements en 2021. Le double par rapport à 2020. Ils sont plutôt confiants et positifs pour l’avenir, après une période d’incertitude. Avec la crise sanitaire, depuis mars 2020, tous les processus Paris Business Angels ont été modifiés, en version digitale. Auparavant, toutes les séances se faisaient physiquement. Pendant la crise, nous avons travaillé avec la visioconférence et maintenant nous continuons sur notre lancée.

Nous avons connu une période d’adaptation et d’appréciation de cette crise par les investisseurs. Face à la crise sanitaire, le gouvernement a mis en place des aides pour soutenir la liquidité des start-up comme les prêts garantis par l’État (PGE). Ce type de dispositif a permis aux start-up d’avoir du relais, de la visibilité et de la pérennité. En 2021, nos investisseurs ont cru au rebond. Ils sont confiants, ils croient aux technologies qui arrivent et vont sortir et à la capacité des start-up à prospérer. Il y a une volonté de participer et de soutenir les start-up, malgré les temps difficiles. La vie économique d’une start-up est faite de hauts, de bas et de rebonds. Elle est également soumise à des événements macroéconomiques indépendants de sa volonté. La mission du business angel est de s’inscrire dans la continuité, en mettant à profit son expérience et son expertise, notamment en matière de gestion de crise. Aujourd’hui, nous constatons que nos adhérents sont plus mobilisés qu’auparavant auprès des start-up pour les accompagner dans la relance économique.

AJ : Quels ont été les investissements privilégiés en 2021 par les membres de Paris Business Angels ?

E. L. : Premièrement, nous sommes un réseau généraliste. Nous n’avons pas de secteur de prédilection. Mais en 2020 et 2021, le secteur de la santé a dominé les investissements de nos membres. La crise sanitaire a fait émerger des solutions et des innovations dans le domaine de la santé. On retrouve notamment la santé numérique et la medtech. Les secteurs des technologies vertes telles que l’agriculture technologique, la technologie alimentaire ou la gestion intelligente des bâtiments sont également attractifs.

« Notre réseau a su développer sa capacité d’investissement pour accompagner au mieux les nouvelles entreprises »

Les investisseurs apprécient les projets qui apportent des solutions à un problème réel, sensible et visible du moment. Mais nous avons un portefeuille diversifié. Les entreprises qui ont besoin de financement, pour nous appeler, ont un désir de croissance. Les montants facturés par les start-up sont de plus en plus importants. Auparavant, il était compris entre 300 000 € et 500 000 €. Aujourd’hui, ils ont presque doublé. Notre réseau a su développer sa capacité d’investissement pour accompagner au mieux les nouvelles entreprises.

AJ : Comment les business angels de votre association orientent-ils leurs investissements ?

E. L. : Nous rencontrons une tendance de fond très marquée. Aujourd’hui, nos business angels veulent donner du sens à leurs investissements. Par leur engagement dans les secteurs de la santé, de l’agritech et de la foodtech, les investisseurs prennent en compte les enjeux sociétaux. L’idée est de faire un monde meilleur et plus responsable. La responsabilité sociale et environnementale est un sujet totalement transversal et nous en tenons compte lors de l’analyse des dossiers qui nous sont soumis. Certains de nos membres ont une expertise spécifique sur ces sujets. Ils apportent ainsi leurs connaissances aux membres chargés d’instruire le dossier. Ensuite, nous avons de nombreuses start-up dont le pitch indique des critères d’économie d’eau, d’énergie ou d’autres ressources et des enjeux sociétaux comme la diversité. Presque toutes les nouvelles entreprises considèrent cette dimension de la RSE et nos investisseurs y sont sensibles.

AJ : De quelle manière vos membres ont-ils prêté attention aux différents fonds sectoriels qui ont alimenté la relance économique ?

E. L. : Nous sommes toujours conscients que les start-up ont différentes sources de financement. Pendant la crise, nos investisseurs ont conseillé les jeunes entreprises sur les dispositifs d’aides dont elles pouvaient bénéficier, notamment le PGE. La levée de fonds dans un contexte de crise a toujours été compliquée. La start-up peut avoir des difficultés à promouvoir son activité ou son métier, notamment lorsqu’elle est en situation d’échec voire de rupture. Il s’agit donc d’être intelligent en allant chercher des financements aux bons endroits, comme le programme d’investissements d’avenir (PIA). Ces mesures leur ont permis de se financer durant cette période, avant d’organiser de nouvelles levées de fonds pour financer leur croissance.

AJ : Quel bilan faites-vous sur l’année 2020 ?

E. L. : En 2020, nos investissements avaient diminué. Ils avaient atteint 1,5 M€ en 2020, alors qu’en 2019 nos membres avaient investi 1,8 M€. Cette année, avec plus de 3 millions d’euros, ils font mieux que 2019 et 2020 et même 2018 puisque nous étions à 2 millions d’euros. Malgré la crise sanitaire, les investissements aussi. Par exemple, au tout début du confinement, nous avons pu finaliser une levée de fonds pour une start-up. Nous avons tenu des réunions par visioconférence dans le cadre de cette opération. Autre exemple avec la start-up parisienne Yelda qui se spécialise dans l’intelligence artificielle dédiée au traitement de la voix. Elle a permis de récolter 400 000 € auprès de nos adhérents en pleine crise sanitaire. Au cours de l’année 2020, nos business angels ont aussi largement accompagné les entrepreneurs : soutien moral, aide à la décision, mais aussi accompagnement pour bénéficier d’aides gouvernementales face à la crise sanitaire. . De plus, nous n’avons eu aucune start-up ratée durant cette période.

AJ : Comment fonctionne le système de Paris Business Angels de l’identification des start-up à la présentation devant vos membres ?

E. L. : Les sources de start-up sont réalisées par l’équipe permanente Paris Business Angels. Elle est accompagnée de certains de nos membres qui font partie de notre comité de sélection. Des entrepreneurs issus de start-ups sélectionnées apportent à l’ensemble de notre réseau. Ensuite, les membres décident d’enquêter sur le dossier initial ou refusent. La réalisation de l’investissement prend entre deux et trois mois à partir du pitch de départ.

AJ : Quels sont les critères sur lesquels vos membres s’appuient pour réaliser un investissement ?

E. L. : Nous investissons très tôt dans la phase de développement de la start-up, entre trente et six mois. Chez Paris Business Angels, nous avons trois critères d’investissement. D’abord l’équipe de départ, qui doit faire preuve d’une réelle ambition et d’une complémentarité. C’est notre critère n°1 et son poids est prépondérant dans la décision. Ensuite, il y a le marché, qui doit être important et en croissance. Enfin, il faut sentir un certain degré d’innovation technologique ou de service. Cependant, nous devons répondre différemment à ce qui se fait aujourd’hui, avec une proposition de réelle valeur ajoutée.

AJ : Comment les start-up utilisent-elles les fonds investis par vos membres ?

E. L. : Aujourd’hui, il y a une forte concurrence entre les start-up. Il est donc nécessaire de développer et d’optimiser rapidement tous les canaux pour atteindre cet objectif. En ce qui concerne les start-up engagées dans la technologie avec R&D, un financement technologique est nécessaire. La proposition de valeur soumise doit être effective dans les meilleurs délais. Ensuite, le financement sert aussi à recruter des compétences clés. Ensuite, les start-up doivent financer la communication et le marketing pour se faire connaître auprès des partenaires, fournisseurs et clients. L’ambition est de prévenir le marché national et aussi de voir plus grand à travers le marché européen voire mondial selon les cas.

« Il y a aujourd’hui une forte concurrence entre les start-up »

Bref, lorsqu’une start-up nous présente son besoin de financement, c’est souvent le développement technologique, le recrutement et la communication car ce sont les leviers clés d’une croissance rapide.

AJ : Comment travaillez-vous avec les autres acteurs de l’investissement pour accompagner au mieux les start-up ?

E. L. : Nous avons récemment créé une association qui s’appelle Paris Region Angels, qui regroupe tous les grands réseaux d’Île-de-France. Il a été lancé début novembre 2021 chez BpiFrance. Les membres fondateurs qui nous accompagnent sont les Val’Angels, les Health Angels, les Business Angels des Grandes Ecoles, les Arts et Métiers Business Angels et les Women Business Angels. D’autres réseaux nous rejoindront bientôt. L’objectif est d’augmenter les capacités de co-investissement et de mieux travailler ensemble. Et nous développons un partenariat très constructif avec la région Île-de-France.

Il est possible d’investir dans des Start Up par différents moyens : FCRP, FCPI et FIP, qui sont des fonds d’investissement spécialisés dans les start-up et les PME ; les clubs de business angels, qui rassemblent des dizaines d’investisseurs pour apporter des opportunités d’investissement.

Quel est l’intérêt du mode de financement participatif ?

Le financement participatif offre la possibilité de donner du sens à son argent autour de l’intérêt général. Les financeurs y trouvent une relation étroite, qu’elle soit géographique (financement de projets sur le territoire dans lequel ils vivent) ou en termes de valeurs.

Quels sont les inconvénients du crowdfunding ? Manque de fiabilité : contrairement aux banques ou aux sociétés de capital-risque qui fournissent régulièrement de l’argent aux nouvelles entreprises et aux PME, il n’y a aucune garantie que votre entreprise sera financée en matière de financement participatif.

Quels sont les 3 ou 4 types de crowdfunding ?

Quelles sont les différentes formes de financement participatif ?

  • Financement participatif basé sur les dons.
  • Financement participatif basé sur les récompenses.
  • Prêt participatif.
  • Équité de la foule.

Quel financement participatif ?

Le financement participatif, ou crowdfunding, est l’échange de fonds entre des particuliers extérieurs aux circuits financiers institutionnels, afin de financer un projet via une plateforme en ligne.

Quelles sont les récompenses que l’on peut obtenir lors d’une opération de Reward crowdfunding ?

Il peut s’agir de : dons non rémunérés (prix) : dons « coup de coeur », dons avec une contrepartie symbolique : une carte postale, un t-shirt à l’effigie de l’entreprise, etc., des préventes/précommandes du produit ou service pour lequel la campagne de financement a été lancée.

Comment est payé le crowdfunding ?

Qu’est-ce que le croc funding ?

Crowdfunding en donation ou crowdgiving Une personne physique ou morale (entreprise) donne une somme sans rien attendre en retour est un don, généralement cette catégorie de financement est spécifique aux actes associatifs ainsi qu’aux projets personnels.

Quel est le mécanisme de fonctionnement du capital risque ?

Pour les investisseurs professionnels, le capital-risque consiste à financer de jeunes entreprises à fort potentiel de croissance en participant au capital. Comme son nom l’indique, cet investissement est risqué mais a un potentiel de rendements élevés.

Comment fonctionne VC ? Contrairement aux business angels qui sont des particuliers qui investissent leur propre argent, les VC investissent l’argent des personnes physiques et morales. Ces bailleurs de fonds sont appelés commanditaires (ou LP’s).

Comment fonctionne le private equity ?

Aussi appelé capital d’investissement, le capital investissement est l’acquisition d’une part du capital d’une ou plusieurs sociétés non cotées qui nécessitent un financement. L’objectif principal est de générer des plus-values ​​en quelques années lors de la revente des titres.

Pourquoi faire du capital risque ?

Pourquoi choisir le capital-risque ? Le capital-risque est une solution pour augmenter les fonds propres d’une jeune entreprise innovante dans un stade de développement où il est souvent difficile d’obtenir un prêt bancaire. Ainsi, l’entreprise évite de s’endetter et rassure ses créanciers sur sa stabilité financière.

Comment fonctionne le capital investissement ?

Le capital-risque s’exerce en prenant une participation minoritaire et temporaire au capital d’entreprises naissantes ou de très petite taille à fort potentiel de croissance afin de compléter le financement et de créer un effet de levier pour obtenir des prêts bancaires complémentaires.

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