Quelles entreprises utilisent les hôtels Jo&Joe ?

Alors que la marque Jo&Joe, cette nouvelle génération d’auberges de jeunesse créée par Accor, fête ses cinq ans d’existence, comment la clientèle professionnelle a-t-elle adopté son univers dortoirs, comme à l’accoutumée, mais aussi chambres en-suite, bars et restaurants animés ? « Souvent, les employés de l’entreprise nous découvrent là-bas, après le travail », décrit François Leclerc, directeur des opérations de Jo&Joe et Tribe, autre marque récente du groupe Accor. Ensuite, leurs entreprises commenceront à y organiser des séminaires, plutôt, pourquoi pas, à utiliser les locaux pour donner un cachet moins légal à leurs événements d’entreprise. »

Rooftop bars à Gentilly et à Vienne – ce dernier parmi les plus grands de la capitale autrichienne -, jardin chez Jo&Joe Nation, restauration sur place : Jo&Joe s’inscrit dans ce mouvement lifestyle en plein essor au sein du groupe français. Son idée d’une « open house », un lieu de vie en harmonie avec son temps, lui a valu d’être intégré à la joint-venture Ennismore au même titre que des marques plus luxueuses telles que Mama Shelter, The Hoxton ou SLS.

« Au début, on pourrait penser que les voyageurs d’affaires ne se retrouveront pas dans ce concept. Ce qui au final s’avère faux », démontre François Leclerc. Depuis l’origine, l’offre d’hébergement a également évolué pour s’adapter à leurs attentes en augmentant le nombre de chambres privées, qui représentent désormais 30% du parc immobilier. « Des chambres confortables, ‘smart’, mais sans TV ni minibar, parce qu’on veut en faire sortir nos clients pour qu’ils viennent se retrouver autour du bar », souligne François Leclerc, qui note aussi que « le voyageur qui veut travailler tranquillement dans il sera plus facile pour votre chambre de se tourner vers nos marques classiques.«

Autre usage courant des équipements Jo&Joe dans la sphère professionnelle : la réservation de dortoirs pour trois ou quatre personnes par un voyageur, et pour un prix final inférieur à ceux pratiqués par les hôtels bas de gamme. « On le voit tous les jours avec des clients business qui ont un budget voyage limité, notamment à Paris », explique le brand manager Jo&Joe.

Si les établissements Jo&Joe ciblent clairement une clientèle jeune, de 18 à 35 ans, l’éventail des possibilités s’est beaucoup élargi pour ce type d’hébergement. « C’est l’auberge d’aujourd’hui, c’est communal. Lorsqu’on visite un établissement, on peut croiser une maman avec une poussette, ainsi qu’un groupe d’entreprises, raconte François Leclerc. Chez Jo&Joe à Hossegor, je me souviens avoir vu des surfeurs côtoyer des employés en cravate au petit déjeuner. Leur entreprise, qui organisait un séminaire non loin de là, a décidé d’y passer la nuit sans dépenses excessives. »

Si l’établissement d’Hossegor, qui a ouvert la marque pour la première fois, dispose d’un espace transformable en salle de réunion, il a également été récemment choisi par une société allemande pour organiser un séminaire de 35 personnes. « C’est certain qu’on dort moins chez Jo&Joe que chez Pullman, mais on propose une approche différente et plus conviviale du team building. Dans ce cas, ce groupe pourrait aller faire du vélo, du yoga, des master class de surf », décrit le responsable de l’enseigne.

Pour accueillir cette clientèle de séminaires, les établissements disposent de salles de réunion qui, sans le confort des fauteuils en cuir et des tableaux blancs interactifs, sont parfaitement adaptées aux réunions professionnelles, spécialement équipées de rétroprojecteurs. Au voisinage de grandes entreprises comme Kantar, Sanofi, Orange et Ipsos, Jo&Joe de Gentilly dispose par exemple d’une grande salle où elle accueille presque chaque semaine un groupe d’agences immobilières dans le cadre de la formation de ses nouvelles équipes. « C’est une vraie volonté de toucher cette clientèle qui veut faire des événements professionnels autrement, précise François Leclerc. Nous sommes intéressés pour deux raisons, pour des séminaires comme à Hossegor qui viennent remplir les coulisses saisonnières et pour des réunions d’une journée, notamment à Paris. Ou pourquoi pas Rio, puisque le prochain Jo&Joe ouvrira au Brésil mi-juillet ? Installé dans un ancien hôtel des années 20, le futur Jo&Joe Rio pourra également accueillir des réunions et sera le deuxième d’Amérique du Sud après celui qui a ouvert mi-juin à Medellin en Colombie.

En cinq ans d’existence, la marque, qui comptera bientôt six établissements, a jusqu’ici connu un développement considérable. Cependant, plusieurs ouvertures sont prévues dans le futur, à Rome à l’été 2023, dans l’ancien palais, et à Budapest à la fin de la même année, dans le quartier « ruin bar ». La marque a également conclu un projet à Gand, en Belgique, ainsi que la première version de son concept à la montagne, à Isola 2000, avec un hôtel attendu d’ici 2024-2025. « Ce rythme de deux ouvertures par an me convient bien », reconnaît François Leclerc. Comme on ne franchise pas la marque, mais qu’on s’occupe de la gestion, tout prend toujours plus de temps. »

Cependant, l’offre Jo&Joe est sur le point de connaître un grand essor en Chine. En effet, près de 1 300 établissements y sont attendus dans le cadre du contrat de master franchise entre Ennismore et Funyard Hotels, filiale du promoteur Country Garden. « Les métriques sont tellement différentes dans ce pays », note le responsable de la marque. Ce chiffre peut faire tourner la tête, mais c’est un objectif à moyen terme ». L’hôtel en tant que « proof of concept » devrait être publié d’ici la fin de l’année et servira de base pour valider le modèle du futur Jo&Joe chinois. Avec, déjà, certaines certitudes comme l’absence de certains éléments présents en Europe. Par exemple, la clientèle chinoise n’a pas l’habitude de dormir avec des étrangers, des dortoirs existeront, mais ils ne pourront être réservés que par des groupes constitués. Au vu des chiffres dévoilés, est-ce si étonnant de faire quelques concessions sur ses standards…

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