Russan : entre poésie et intimité, les illuminations de la Maison Euzéby

A Russan, hameau de Sainte-Anastasie, Lilian Euzéby accueille dans la maison familiale une exposition qui réunit ses œuvres avec Rudy Ricciotti, Jean-Michel Meurice, Thierry Flamand, Bruce Paoli, Rémi Tamain, Gabrielle de Lassus et Janine Marca.

C’est une maison d’artistes, un lieu qui invite à la rencontre d’œuvres contemporaines passées de mode. La Maison Euzéby rouvre ses portes à Russan, pour le quinzième été avec une exposition au titre étrange, Arrivée de toujours, qui ira partout, une miniature d’Arthur Rimbaud. « Ça peut parler de la vie, de la mort, de la poésie, de la passion », sourit Lilian Euzéby, l’animatrice des lieux, orfèvre d’affrontements intimes et poétiques, où se mêlent découvertes d’artistes reconnus.

A la cave Thierry Flamand, qui a fait carrière comme décorateur de cinéma auprès de Lelouch, Wenders, Kassovitz ou Nicole Garcia, lauréate d’un César pour « La Belle et la Bête » de Christophe Gans, présente une série de photos. Une statue se promène dans les bois, un nu côtoie un personnage allongé… Installé depuis peu à Nîmes, il crée des ambiances surréalistes et cinématographiques, entre Magritte et David Lynch, énigmatiques et provocantes.

Le travail photographique de Bruce Paoli joue également sur l’intrigue. Les Polaroids étant immédiatement transférés sur papier, il propose une série de chapelles dans lesquelles les images se combinent pour reconstituer une perspective verticale impressionnante, jouant à la fois sur la monumentalité et la modestie.

L’exposition permet de redécouvrir Janine Marca. Née en 1921, décédée en 2013, elle a fréquenté Montmartre dans les années 1930, traversant le XXe siècle créant une œuvre onirique, où résonne l’influence de l’avant-garde de sa jeunesse. Avec une série de gravures denses, il réunit le fantastique, l’ésotérisme, la folie de Chagall, marchant sur un fil à la lisière du surréalisme.

Avec Jean-Michel Meurice, place à la couleur. Depuis les années 1960, à travers ses expériences, l’artiste a embrassé les questionnements qui allaient agiter le mouvement Supports / Surfaces. Peintre et documentariste, créateur de la chaîne Arte, il adopte depuis plusieurs années la fleur de la gloire du matin. Peignant sur des couvertures de survie, dorées comme des peintures de primitifs italiens, il éblouit en jouant avec la simplicité et l’émerveillement.

Les cyanotypes floraux de Gabrielle de Lassus, grandes toiles classiques reproduites à la truelle par Rémi Tamain, sont flanqués des fusains bruts de l’architecte Rudy Ricciotti, qui écrase le fusain faisant résonner le trait de poussière et de poésie. L’exposition s’achève sur l’étude de Lilian Euzéby, qui continue de revisiter l’héritage des mythologies. Avec une série de 37 petites toiles, il propose un voyage à travers les îles grecques, sur les traces d’Icare ou d’Aphrodite, avec cette eau ancienne, ces rochers déchiquetés, ces ciels étoilés qui ont vu passer héros et poètes. .

Laisser un commentaire