Séville, Almeria… et maintenant Paris : le business lucratif du tourisme de séries TV

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Jeudi 30 juin 2022 à 6h40

Dans le monde antique, les touristes venaient à Paris pour découvrir la tour Eiffel, la cathédrale Notre-Dame ou le Louvre. Désormais, ils découvrent les plateaux de séries cultes, sur les traces d’un Lupin insaisissable ou d’une Emily très glamour.

À Paris, des « city tour » organisés par Netflix

Ces dernières années, le tourisme des séries télévisées est devenu incontournable dans le monde du voyage et les chiffres sont effarants. Suite à la diffusion de la série « Games Of Thrones », la fréquentation des localités qui ont accueilli le tournage a fortement augmenté : une augmentation de 38% rien qu’à Séville, et jusqu’à 130% à Almeria, dans le sud du pays. ‘Espagne.

A Paris on n’en est pas encore là, mais le phénomène commence à se développer. En ce mois de juillet (du 11 au 19 juillet), la plateforme Netflix propose à ses abonnés une visite gratuite dans les environs qui ont servi de décors de tournage à deux des séries de son rôle principal : « Emily à Paris » et « Lupin » avec Omar. Sy.

Le système est simple : il suffit de s’inscrire sur le site du géant américain, et c’est parti pour deux heures (parfois plus !) de visite de la capitale, avec un guide vous présentant les lieux de tournage, et livrant des anecdotes sur la réalisation de la série. Il ne manquera évidemment pas de vous raconter la grande histoire de la capitale. Des propositions similaires sont faites pour découvrir le Madrid de la Casa de Papel et le Londres d’Enola Holmes.

Les puristes y verront peut-être un mélange contre nature des genres. Mais François, l’un des guides travaillant sur cette opération, dément : « Pas contre nature, c’est une manière judicieuse d’amener des gens à la découverte de Paris, des gens qui n’ont a priori pas arrivés dans un circuit uniquement historique. et très classique ».

Des retombées de plus de 15 millions d’euros depuis la diffusion de « Lupin »

Et si l’opération est intéressante en termes d’image pour la plateforme américaine, elle fidélise ainsi ses abonnés en proposant des événements gratuits. C’est aussi bon pour l’économie française et plus particulièrement dans le secteur du tourisme.

Selon Audrey Sliwinski, en charge du projet des visites guidées, la diffusion de la première saison de « Lupin » a généré à elle seule des retombées d’environ 15,8 millions d’euros. Les ventes des romans de Maurice Leblanc (auteur des Aventures d’Arsène Lupin) ont décuplé depuis la diffusion de la série. Quant à « Emily in Paris », les aventures de la jeune Américaine dans le monde de la mode parisienne ont fait grimper de 17 % les intentions de départ des voyageurs brésiliens, de 13 % celles des Américains et de 11 % celles des Britanniques.

Seul bémol, tout le monde à Paris ne partage pas l’enthousiasme de Netflix, comme posséder le lieu culte « four moderne » pour les fans d' »Emily à Paris », car c’est de là que vient l’héroïne pour acheter ses pâtisseries. La boutique apprécie de moins en moins que les touristes viennent dépeindre l’extérieur et parfois l’intérieur de sa boutique, dans le 5e arrondissement. « Il y a des choses plus importantes dans la vie qu’une série télévisée », s’indigne-t-elle, alors même qu’elle a été amenée par une clientèle qui, il y a à peine deux ans, ignorait l’existence de cette petite boulangerie de quartier.

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