Style de vie : l’art sans fioritures de la galeriste Jessica Barouch

A deux pas de la tour Eiffel, l’avenue de la Bourdonnais est un étrange pays de Keemann, pris en sandwich entre le quartier bourgeois du Gros Caillou et la zone touristique de la capitale française. Parmi la horde de visiteurs, voyageurs chinois, familles américaines s’aventurent sur cette large avenue aux airs de carte postale. En passant devant Jessica Barouch, certains sortent leur téléphone portable pour prendre des photos par la fenêtre, d’autres ouvrent la porte au hasard et demandent à la jeune femme si elle habite ici. Tous intrigués par cet appartement où Jessica retrouve amis et clients dans un canapé profond. Puisque cet appartement n’en est pas un, c’est la galerie de design des années trente qui a ouvert il y a cinq ans. « Je n’osais pas entrer dans les galeries d’art ou de design que je trouvais trop vides, pas accueillantes… alors j’ai imaginé ce lieu comme un lieu de vie, où je reçois avec un thé, où à côté des pièces de créateurs iconiques comme Par exemple, George Nakashima ou Pierre Jeanneret, je propose aussi des plaids, des bougeoirs ou des parfums à la maison. »

Comme les bars ou les hôtels, ce sont les galeries de design qui ont désormais un salon et elles se sentent comme chez elles. Une nouvelle génération de galeristes propose des sélections personnelles, des objets en matières naturelles, faits main, dans un esprit bohème, artisanal. « Je dois sentir la texture, la matière première, mais surtout je me laisse guider par mes émotions. Il y a deux mois, j’ai trouvé une lampe en céramique que j’aime tellement que je n’ai pas dormi la nuit, excité par ce To construire son univers poétique, minimaliste et chaleureux, Jessica voyage beaucoup, sillonne les brocantes et cherche sur Instagram de nouveaux créateurs. « Pour moi, le luxe ultime, c’est de posséder une pièce unique qui n’a pas été produite en série, que l’on a prise le temps de regarder, d’aimer. Peu importe qu’il soit signé par un artiste célèbre ou non. Sa passion pour le vintage, Jessica la nourrit depuis son adolescence. « A 16 ans, je cours après des objets très simples, vraiment pas chers. Au fil des années, mon regard s’est aiguisé autour d’un même fil rouge : ma passion pour les matières organiques, les formes artisanales. Parmi les derniers artistes qu’elle a dénichés figure le Néerlandais Floris Wubben, qui exposera le galeriste à partir de juin.

Cet ingénieur designer développe des machines low-tech et des procédés exclusifs qui créent d’étranges formes organiques et céramiques. Ainsi, il produit des oeuvres colorées, presque dissonantes, mais rayonnantes de poésie… Jessica peut être fière de révéler cet artiste méconnu, « dont personne ne peut réciter le nom ». Ce qui tombe bien, car aux gens qui ont une connaissance du design, je préfère ceux qui poussent la porte avec curiosité comme seul bagage.

Galerie Jessica Art, 14, avenue de la Bourdonnais, Paris 7e.

NOS 3 GALERIES COUPS DE CŒUR

A partir du 12 juin, Amélie du Chalard présentera treize créations du collectif italien The Ladies’ Room. Ces quatre Italiens proposent dans cette galerie d’art installée dans une mairie et au public un banc en marbre, un vase en céramique, des lampes et des petits meubles en série limitée.

8, rue Clauzel, Paris 9e. amelie-paris.com

Lampes en terre cuite, tapisseries en laine bouillie, meubles en bois d’après-guerre, céramiques de Vallauris : Hélène Bréhéret et Benjamin Desprez aiment le mobilier d’artiste, les matières naturelles, les mains humaines et exposent leurs cœurs qui ouvrent leurs galeries au centre de Paris.

30, rue Croix-des-Petits-Champs, Paris 1er. Benjamin-desprez.fr

Dans leur galerie de sacs, Lauren et Simon exposent les créations qu’ils aiment, des pièces vintage de Pierre Paulin, des lampes italiennes d’après-guerre, des fauteuils lounge et des chaises « DSW » de Ray et Charles Eames. Mais toujours des pièces d’art contemporain comme « Future Relics » de Daniel Arsham. L’artiste a reproduit des objets du passé (téléphone, réveil, cassettes audio, etc.) figés par des vers.

La Galerie Woods, 22, rue André-del-Sarte, Paris 18e. The-woods.fr

Cinq expositions ou galeries seront présentées à Paris en octobre

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