Terrarium de plantes grasses : un projet peu recommandable

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Un terrarium est un jardin miniaturisé planté dans un contenant. C’est un mini écosystème, objet de décoration, qui apporte en intérieur une touche de verdure et de nature. Facile d’installation, le terrarium exige généralement peu d’entretien. Toutefois, pour ce milieu, il faut choisir des plantes bien spécifiques.

Toutes les plantes ne sont pas adaptées à la culture en terrarium. C’est le cas des plantes grasses qui ont pourtant le vent en poupe actuellement. Le terrarium, ouvert ou fermé, se trouve être un milieu hostile au développement des plantes grasses. Un terrarium de plantes grasses produit difficilement le résultat escompté. Et pourquoi ? Découvrons cela ensemble !

L’inondation du milieu

Dans un terrarium, l’eau est partout : dans l’air ambiant, dans le sol. Impossible pour le terrarium des plantes grasses d’échapper à ce principe. Les contenants étant dépourvus de trous d’évacuation de l’eau en surplus, celle-ci y reste en permanence. Or la présence de l’eau en permanence sur les racines des plantes grasses à l’instar des succulents est dangereuse.

Et même le lit de bille d’argile (couche de drainage) qu’on peut ajouter au fond d’un terrarium n’y fait rien. De toute façon, les racines des plantes grasses finiront par tremper dans l’eau.

Bien plus, par phénomène de capillarité, cette eau permanente monte dans le terrarium, et le rend constamment humide. Avec cet air humide, l’évaporation s’avère lente lorsque le terrarium est ouvert. Et lorsqu’il est fermé, cette évaporation est inexistante, ce qui constitue un autre obstacle à la croissance des plantes grasses.

Pour ces plantes à croissance saisonnière, l’arrosage est un problème qui se pose également. En fin d’automne, les plantes grasses entrent en dormance après leur croissance au printemps. L’arrosage doit donc être ponctué lorsqu’elles sont dans un pot avec ou sans trou de drainage. Or, dans un terrarium, c’est impossible. Des gouttes d’eau sur un terreau déjà mouillé, et le pourrissement démarre !

Une température peu maîtrisable

En général, les plantes grasses adorent les températures chaudes. Il ne vous échappe pas qu’en période estivale, les températures sont extrêmes dans les régions désertiques où poussent naturellement certaines succulentes. Mais les succulentes y résistent car, il y règne une bonne circulation d’air accompagnée d’une baisse de température nocturne qui donne du répit aux plantes.

Les plantes grasses s’épanouissent donc dans des endroits chauds, exposés au soleil mais avec une bonne circulation d’air. Cela n’est pas le cas dans un terrarium qui est caractérisé par une humidité atmosphérique ! Et lorsqu’on sait que l’humidité s’avère favorable à certains ravageurs, l’idée d’emprisonner des belles grassouillettes dans un joli bocal perd un peu plus de sa pertinence.

Aussi, les plantes grasses adorent être à des endroits chauds et au soleil. Mais elles détestent par contre les changements d’emplacement à la quête de ces conditions. La tendance très souvent avec les terrariums c’est, de les placer près d’une fenêtre ouverte en courant d’air, à l’extérieur en saison froide.

Parfois, on les fait sortir en été et on les fait rentrer en hiver. Les cactus et d’autres plantes grasses ne tolèrent pas tous ces nombreux mouvements. Une fois installées à un endroit où elles se plaisent, les déplacer déclenche leur détérioration.

Des problèmes de compatibilité des plantes

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Très généralement, les plantes cultivées dans un terrarium sont mixtes. Or, les plantes grasses, de par leur nature et leurs caractéristiques, ont des besoins de croissance différents les unes des autres.

Parmi les succulentes les plus souvent sollicitées on cite :

  • L’orpin,
  • Le sedum,
  • Le nombril de venus,
  • L’aeonium, et
  • Le cotylédon

La plupart d’entre elles adorent les hivers chauds et se montrent peu dérangées par l’humidité. Les cactus (zygocactus, queue de rat, rhipsalis) eux aiment les hivers froids et secs. Concevoir un terrarium regroupant ces deux types de plantes grasses est un projet logiquement peu prospère.

Dans un terrarium de plantes grasses, le problème d’incompatibilité peut aussi être lié à la taille des plantes. Certaines plantes sont en arrêt de croissance ou en dormance au moment de la constitution du terrarium. D’autres cependant sont destinées à une croissance continue (aloès Vera, crassula ovata, échevéria, sedum, gasteria). Le bel arrangement de départ de ces plantes dans un terrarium a de faibles probabilités de tenir sur une longue période.

Un milieu inapproprié

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La grande majorité des plantes grasses telles les succulentes s’épanouissent dans un environnement marqué par une bonne circulation d’air et le plein soleil. Elles exigent le plein soleil et un substrat capable de s’assécher considérablement avant l’arrosage prochain. L’atmosphère doit être peu humide et la circulation de l’air effective.

Un jardin miniature sous verre ne satisfait aucune de ces exigences, ce qui rend impossible la culture des plantes grasses dans un tel écosystème. Lorsqu’on place un contenant vitré au plein soleil estival par exemple, la chaleur augmente à 40˚C ou 50˚C voire même plus.

En outre, les plantes grasses par essence, ont besoin de place ! Idéalement, il est souvent recommandé de laisser 7cm en moyenne entre chaque pied pour éviter des étouffements. Et au bout d’un certain temps, il faut penser à les rempoter. Les cactus par exemple, remplissent les espaces vides en grandissant. Or faire de tels espaces dans un terrarium n’est pas évident.

Un éclairage difficile

Les plantes grasses sont par nature des plantes de plein soleil. Certaines ont la capacité de tolérer une faible luminosité et peuvent survivre plus longtemps que d’autres. C’est le cas des succulentes comme les rhipsalis, ou encore les gasterias.

D’autres (les vraies cactées désertiques notamment) ne supportent pas du tout l’ombre. Au début de la culture, elles ne présenteront certes pas de signes de détresse, mais au bout de 6 mois leur pourrissement sera engagé.

Pour tenter de résoudre ce problème, certains optent pour un terrarium sous éclairage artificiel. Ils dotent le terrarium plantes grasses d’un éclairage intense dégageant peu de chaleur notamment avec une lampe fluorescente à 4 tubes.

C’est une solution qui reste utopique ou du moins illusoire pour plusieurs raisons. D’abord l’agencement de lampes aussi intenses à un décor intérieur est difficile à concevoir. Le réflecteur de ces dernières dirigera très souvent la lumière non pas vers les plantes, mais vers nos yeux et l’intérieur de la maison. A la réalité, cette lumière artificielle obstrue le développement des plantes grasses telles les crassulas.

Et enfin, l’installation de ce système d’éclairage artificiel ne résout ni le problème de surplus d’eau ni celui de la forte humidité du terrarium.

Aucune alternative alors ?

Opter pour un terrarium de plantes grasses est donc une ambition de décor, mais une solution de culture très peu recommandable. Mais vous avez peut-être été séduits par ces terrariums de succulentes vendus dans le commerce pour la beauté de leur montage ! Pas bien grave, tout n’est pas perdu !

Si vous envisagez malgré tout un projet de culture de plantes grasses, l’idéal serait un mini jardin spécialisé en telle ou telle autre plante grasse. Et si vous tenez absolument à un terrarium, il sera mieux de choisir des larges pots individuels sans parois vitrées et de trous de drainage.

Et dans ces pots, seules les plantes congénères ayant des besoins culturaux identiques doivent être cultivées. Mais à défaut des succulentes qui seront mal en point dans cet environnement, pensez à des plantes comme le Fittonia, toutes autant esthétiques.

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